Résumé hebdomadaire du marché des changes pour la semaine du 17 au 21 novembre 2025
Dollar en tête, franc stable, euro en transition : comprendre les forces réelles derrière le marché des changes cette semaine
La semaine a été dominée par un retour en avant du dollar. Non pas parce que l’économie américaine aurait délivré une surprise majeure, mais parce que la Réserve fédérale a envoyé un signal subtil : malgré une division interne, elle n’est pas pressée de baisser les taux.
Et dans un marché qui manque de visibilité macro, cette nuance suffit pour redonner un avantage clair au billet vert.
Les minutes de la réunion d’octobre montrent en effet une Fed plus partagée qu’attendu : une partie du comité estime qu’un ajustement des taux pourrait être nécessaire, tandis qu’une autre considère l’inflation encore trop persistante pour envisager une détente rapide.
John Williams, président de la Fed de New York, a ajouté un élément important : un ajustement « dans un proche avenir » reste possible. Un message interprété par les marchés comme un signal d’ouverture, mais une ouverture prudente. La probabilité d’une baisse de 25 points de base en décembre est ainsi remontée à environ 72 %.
Ce positionnement légèrement plus restrictif qu’attendu a suffi à soutenir le dollar, tandis que les autres devises manquaient de catalyseurs.
Vue d’ensemble du marché des changes
Le paysage du FX cette semaine se résume en trois idées centrales :
- Le dollar surperforme, car les taux US restent élevés et la Fed ne ferme aucune porte.
- L’euro manque d’élan, faute de données encourageantes et d’un discours clair de la BCE.
- Le franc suisse reste stable et attractif, mais ne surperforme pas dans un marché sans stress particulier.
Cette hiérarchie USD > CHF > EUR résume assez bien la dynamique de la semaine.
Le yen, de son côté, continue d’être sous pression. Son point faible est toujours le même : la Banque du Japon reste très accommodante, ce qui creuse un écart de taux défavorable face aux États-Unis.
Analyse du CHF : une semaine stable, malgré la force du dollar
Le franc suisse a montré une stabilité remarquable, même s’il a cédé du terrain face au dollar (comme presque toutes les devises cette semaine).
EUR/CHF : une légère hausse de l’euro, mais un franc toujours robuste
La paire EUR/CHF a évolué entre 0,9208 et 0,9308.
La remontée vers 0,93 ne traduit pas une faiblesse du franc, mais plutôt une micro-dynamique locale, après que l’euro ait une nouvelle fois tenté de franchir le niveau psychologique de 0.9200 :
- flux transfrontaliers réguliers,
- marché calme,
- absence de nouveaux signaux de la BNS,
- légers ajustements techniques côté euro.
L’euro reste sous pression contre le dollar, mais pas nécessairement contre le franc.
Il est donc cohérent que l’EUR/CHF remonte légèrement dans un contexte où le marché est peu volatil.
USD/CHF : le dollar survole tout le G10
Avec un cours autour de 0,8053, la baisse du franc face au dollar reflète la véritable force de la semaine :
→ La surperformance du billet vert.
Ce mouvement ne remet pas en cause la solidité du franc, il illustre simplement que le dollar domine toutes les devises en raison :
- d’une Fed prudente,
- d’un marché américain robuste,
- d’une inflation encore trop élevée pour un pivot rapide.
EUR/USD : l’euro reste fragile
L’EUR/USD peine à trouver un plancher.
Ce n’est pas l’euro qui s’effondre, mais le dollar qui attire davantage dans cette phase de marché.
Le différentiel de politique monétaire reste le principal driver.
Autres paires : focus sur le yen
Le yen poursuit sa trajectoire baissière.
Rien d’anormal :
- la Banque du Japon reste ultra-accommodante,
- la Fed reste prudente mais restrictive,
- l’écart de taux reste trop important pour soutenir le yen.
Tant que la BoJ ne change pas radicalement de ton, ce qui n’est pas attendu, le JPY restera la devise la plus vulnérable du G10.
Les facteurs macro qui ont vraiment compté
1. Politique monétaire
La Fed n’a rien tranché, mais elle a fermé la porte à un pivot rapide.
La BCE et la BNS, elles, sont restées en retrait, sans signaux clairs.
2. Inflation
Aux États-Unis, elle reste trop élevée pour permettre une détente franche.
En Europe, elle baisse mais sans créer de nouvel élan.
3. Emploi et croissance
Williams a indiqué des premiers signes de faiblesse dans l’emploi américain.
Un point crucial : si le marché du travail cale, la Fed devra agir.
4. Sentiment de risque
Le climat reste modéré, sans stress particulier.
Cela soutient le dollar (taux élevés) et maintient le franc dans une zone stable.
Perspectives pour la semaine prochaine
Les prochains jours seront guidés par un événement clé : les chiffres de l’emploi américain (NFP).
S’ils sont faibles, la probabilité d’une baisse de taux en décembre pourrait remonter encore et affaiblir temporairement le dollar.
À surveiller aussi :
- les interventions des membres de la Fed,
- les signaux éventuels de la BCE et de la BNS (même si peu sont attendus).
Du côté du franc, aucun changement majeur en vue :
la zone EUR/CHF 0,92–0,93 devrait rester le centre de gravité.
Conclusion
Une semaine dominée par un dollar revigoré, un euro en transition et un franc suisse solide dans son rôle de stabilisateur.
La hiérarchie du moment est claire : le dollar tient la ligne, le franc absorbe les chocs, l’euro cherche encore un nouveau moteur.
La suite dépendra essentiellement des chiffres d’emploi US et du message que la Fed décidera ou non d’envoyer d’ici la fin de l’année.
