La paix fait monter les actifs, le pétrole chute, le CHF ne bouge pas
Cette semaine, les marchés ont regardé ailleurs que les banques centrales. La Fed a laissé ses taux inchangés la semaine précédente, alors que la RBA et la Norges Bank les relevaient chacune de 25 pb cette semaine.Mais le vrai moteur, c’était une seule question : la guerre en Iran va-t-elle se calmer ?
L’info Axios qui a tout déclenché
Mercredi 6 mai, Axios évoque un mémorandum américano-iranien en 14 points : moratoire sur l’enrichissement nucléaire, réouverture graduelle du détroit d’Ormuz, levée partielle des sanctions. Le Brent décroche de plus de 13 dollars en séance, jusqu’à 96,75 $/bbl. Les actions montent, les rendements reculent, le dollar cède.
La logique est mécanique : moins de risque sur l’énergie, moins d’inflation attendue, donc moins de raisons de durcir encore la politique monétaire.
Sauf que Téhéran coupe court : démentis, minimisation, recul. Vendredi, de nouveaux accrochages dans le détroit rappellent que rien n’est signé. Le brut rebondit en partie. Toute la semaine a suivi ce va-et-vient.
CHF : calme plat
Le franc suisse a traversé la semaine sans histoire. L’EUR/CHF est resté coincé entre 0,9145 et 0,9175. La BNS n’a pas parlé, mais a laissé entendre qu’elle interviendrait plus facilement sur le marché des changes si besoin, en prévention d’un retour du réflexe refuge.
Le USD/CHF a oscillé entre 0,7766 et 0,7850, tiré vers le bas lors des phases d’optimisme sur l’Iran, puis stabilisé autour de 0,7790 en fin de semaine. L’EUR/USD est resté enfermé entre 1,1677 et 1,1785, incapable de sortir franchement de la zone 1,17–1,18 tant que le scénario géopolitique reste ouvert.
États-Unis : l’emploi tient, le dollar plie un peu
Les chiffres américains ont surpris à la hausse : 109k emplois ADP en avril (79k attendus), puis 115k créations NFP (consensus 73k), chômage stable à 4,3%. Le marché du travail tient, mais ralentit. Les salaires horaires montent de 3,6% sur un an, sans emballement.
Le dollar termine en retrait : le DXY a évolué entre 97,62 et 98,34, pénalisé par l’espoir de désescalade et par la baisse du pétrole, qui réduit la pression inflationniste.
Zone euro : services en contraction
Les PMI services finaux d’avril sont faibles : 47,6 en zone euro, sous 50. L’Allemagne à 46,9, la France à 46,5. Le choc énergétique grignote l’activité.
La BCE n’a pas décidé cette semaine, mais le message reste le même : une hausse en juin reste probable si l’énergie ne se détend pas vraiment. Le tracker salaires de la BCE remonte légèrement à 2,28% pour 2026.
Royaume-Uni : la livre respire, la politique reste un risque
La livre a profité de la faiblesse du dollar et des élections locales britanniques du 7 mai : Labour perd beaucoup de sièges, sans déclencher de crise immédiate. Starmer dit rester. Les Gilts rebondissent, le GBP/USD finit autour de 1,3625.
Le risque politique n’a pas disparu : les rivaux de Starmer s’activent, et l’instabilité britannique reste un sujet de marché.
Japon : nouvelle salve sur le yen
Le yen reste au centre du jeu. La BoJ confirme une intervention d’environ 10 000 milliards de yens sur la période récente. L’USD/JPY grimpe à 157,79 en début de semaine, puis retombe vers 155,00–156,00, sur fond d’optimisme iranien et de soupçons d’interventions supplémentaires.
Les minutes de mars montrent un débat interne sur le rythme de normalisation. Le secrétaire au Trésor américain, Bessent, devait rencontrer la semaine suivante les autorités japonaises sur le sujet du yen faible : Washington surveille.
Australie vs Canada : deux histoires opposées
La RBA relève ses taux de 25 pb à 4,35% mardi, troisième hausse de suite, face à une inflation qui pourrait culminer à 4,8% en juin. L’AUD/USD reste autour de 0,7150–0,7250.
Le Canada, lui, publie un très mauvais rapport vendredi : -17,7k emplois en avril, chômage à 6,9% (6,7% attendu). Le CAD finit dernier du G10.
À suivre : CPI US et Trump–Xi
La semaine du 11 mai sera dominée par le CPI américain d’avril, mardi, premier test du transfert de la hausse de l’énergie vers l’inflation sous-jacente.
Et surtout par le sommet Trump–Xi à Pékin jeudi et vendredi : Iran, droits de douane, IA, Taïwan. Le FX reste en mode attente.


