Résumé hebdomadaire du marché des changes pour la semaine du 1er au 5 décembre 2025
- Le décor : une semaine calibrée par l’inflation
La semaine FX a été dominée par un trio classique : inflation, PMI, banques centrales.
En zone euro, l’inflation de novembre remonte à 2,2 % après 2,1 %, légèrement au-dessus des attentes, avec une inflation sous-jacente stable à 2,4 %.
C’est exactement le genre de chiffre qui confirme la stratégie actuelle de la BCE : les taux sont “au bon niveau”, donc on ne touche à rien tout de suite.
En parallèle, le PMI composite de la zone euro grimpe à 52,8, niveau le plus élevé en 30 mois, tiré par les services (53,6) alors que l’industrie reste poussive. 
Moralité : l’économie n’est pas flamboyante, mais elle tient. Et un euro porté par des services solides et une inflation maîtrisée reste crédible.
- Zone euro : pourquoi l’euro tient bon
Ce cocktail “inflation légèrement au-dessus de la cible + services en forme” offre à l’euro un socle clair :
• la BCE n’est pas pressée de baisser ses taux ;
• le marché ne peut pas raconter l’histoire d’un euro “faible” et désinflationniste ;
• les spreads de taux avec les États-Unis pourraient se réduire si la Fed coupe à nouveau.
Résultat concret sur les marchés : l’EUR/USD évolue autour de 1,16–1,17, avec un plus haut proche de 1,168 dans la semaine.
Attention : cela ne veut pas dire que l’euro est fort partout.
Face au franc suisse, la remontée de l’EUR/CHF vers 0,935–0,937 est réelle, mais elle reflète surtout un CHF stable plutôt qu’un changement de régime brutal.
- Suisse : inflation zéro, BNS très à l’aise
En Suisse, l’IPC de novembre recule de 0,2 % m/m, et l’inflation annuelle retombe à 0,0 %.
C’est pile dans la fourchette de prix “stables” de la BNS (0–2 %).
Le message implicite de la Banque nationale est simple :
• taux directeur à 0 % : on ne bouge pas le 11 décembre sauf surprise majeure ; 
• pas de retour aux taux négatifs à court terme (considérés comme un outil d’urgence, avec beaucoup d’effets secondaires) ;
• volonté de rester capable d’agir sur le FX si le franc s’appréciait trop vite.
Pour le CHF, cela signifie :
→ monnaie solide mais pas agressive.
Il ne s’agit plus de faire baisser le franc coûte que coûte, mais de laisser le marché respirer… tout en gardant un pare-feu si le franc se renforçait trop face à l’euro.
- États-Unis : le dollar vit au rythme de la Fed
Côté dollar, tout tourne autour de la réunion du 10 décembre :
les futures incorporent environ 85 % de probabilité d’une nouvelle baisse de 25 pb. 
Le marché lit le scénario suivant :
• la croissance US tient, mais
• le marché de l’emploi s’essouffle,
• l’inflation, hors impact des tarifs, se rapproche des 2 %.
Donc, la Fed peut continuer d’assouplir, même si Powell reste verbalement prudent.
Conséquence directe :
• le dollar perd un peu de son avantage lié au rendement ;
• cela se voit dans EUR/USD qui se raffermit,
• mais aussi dans USD/CHF, coincé autour de 0,80–0,805, avec un CHF qui ne s’affaiblit pas malgré les taux très bas.
Important :
Un USD qui recule contre EUR ne veut pas dire que l’euro est fort contre tout, ni que le CHF est faible.
Chaque paire raconte une histoire différente.
- Focus paires clés : EUR/USD, EUR/CHF, USD/CHF
EUR/USD
• Niveau actuel ≈ 1,16–1,17.
• Driver principal : écart de politique monétaire (Fed qui coupe vs BCE qui attend).
• Tant que la Fed reste plus “dovish”, les petites remontées de l’euro sont cohérentes.
EUR/CHF
• Zone ≈ 0,935–0,937, avec un plus haut de semaine autour de 0,937.
• Drivers :
• euro soutenu par PMI & inflation,
• BNS qui laisse faire,
• pas de stress géopolitique majeur → moins de demande refuge en CHF.
USD/CHF
• Autour de 0,80–0,805, à peine au-dessus de la moyenne de novembre.
• Ici, on voit bien la “double force” contre le dollar :
• Fed plus dovish que la BNS,
• Un CHF qui garde son statut de valeur refuge tranquille.
- Impact pour frontaliers & PME suisses
Pour les frontaliers payés en CHF et vivant côté euro :
• Avec un EUR/CHF ~ 0,935–0,937, 1 CHF rapporte un peu moins d’euros qu’il y a quelques semaines.
• Pouvoir d’achat côté euro : légèrement amélioré pour ceux qui encaissent en EUR (factures, revenus) et dépensent en CHF, et légèrement réduit pour l’inverse.
Pour les PME exportatrices suisses vers la zone euro :
• Un EUR/CHF remonté soulage :
• vos prix en EUR deviennent plus compétitifs,
• vos marges en CHF sont un peu mieux protégées.
• C’est un environnement favorable pour fixer des prix ou des contrats avec une vision à 3–6 mois.
Pour les PME exposées au dollar (import/export) :
• USD/CHF autour de 0,80 réduit la facture des importations en USD (matières premières, composants).
• C’est une fenêtre pour :
• régler des factures USD,
• éventuellement couvrir des achats futurs à un niveau de dollar raisonnable.
